Combien de temps

Magali est sortie malgré la pluie. Elle s’est dit : je vais aller me faire faire une manucure et choisir un doux marron, un peu chocolat. Ça ira bien avec sa marinière et ça fera un peu madame pour un week-end décontracté.
Elle se perd dans les rues de la ville et tombe sur un marabout qui lui promet un mariage dans les mois à venir. La machine est lancée. Il faut trouver le mari.
Elle ne l’a pas trouvé en se baladant en bord de Marne, ni à travers les sentiers de la forêt. Où est-il son futur mari ? Et d’ailleurs, où sont les hommes ? C’est plutôt cette question qu’il faut poser au lion qui répond à la bonne question.
Magali s’assoit à la terrasse d’un café, elle admire ses ongles faits. Elle ouvre son livre au marque-page. C’est une histoire de marionnettes qui ont laissé leurs chaussures au pied de la statue d’un ange. Magali a hâte de savoir s’ils vont réussir à couper les fils qui les manipulent et dirigent leur vie.
Dans ce chapitre, ils ont une mappemonde sous les yeux, le choix de la destination leur appartient-t-il vraiment ? Quelle est la part du hasard ? Quelle est la part du destin ?
La destination se joue au jeu de fléchettes. Encore la main du destin, celle qui tient les ficelles.
Il faudra prendre un train, un bus peut-être pas. Le monde souffre, se déchire. Le monde est malade. Malheureusement. Et toujours pas de mari.
Magali se perd entre son livre et ses pensées. Qui dit la vérité ? Qui croire en ce mois de mars ? Ça fait combien de printemps qu’on attend que le monde se soigne ? Il est temps maintenant.

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