Deux yeux perçants sur un pelage noir. Du texte en dessous. Zorro a été vu la dernière fois en mars, près d’une place à un kilomètre du parc.
Des affichettes ont été glissées dans des pochettes en plastique, puis agrafées sur des supports. Pour que ni la vent, ni la pluie n’altèrent les chances d’attirer l’attention des badauds.
Zorro est un chat noir, pucé et sans collier ; il est peureux, peut-on lire. Comme on le cherche dans le quartier, et que sa couleur me rappelle Charlie, qui a partagé les dernières années de ma mère, je me sens concernée.
Je sais que le parc Monceau est un repère d’oiseaux, de canards, de pigeons, de corneilles, de poules d’eau, de rats, de moustiques… Et des chats, qui s’y donnent rendez-vous, à moins qu’ils ne vivent sur place.
A eux la liberté de grimper sur un monticule interdit au public, car fragile.
J’ai vu un matou passer avec un oiseau dans la gueule. Il allait cacher sa proie pour la déguster, avant de rentrer chez lui, comme si de rien n’était.
Où est passé Zorro ?
En me baladant, je balaie les trottoirs du regard. Un chat noir sort du Consulat du Portugal. Il a un collier rouge. Ce n’est donc pas lui.
Et si j’interrogeais les rats ? Quand bien même le maire de l’arrondissement les a érigés en ennemis publics numéros 1, le film d’animation « Ratatouille » m’a donné un autre regard sur eux. J’imagine les noms qu’ils pourraient porter ; Rat-bougris, Rat-bajoie, et caeterat…
Ma recherche serait vaine. Les rats et les chats ne partagent pas les mêmes espaces. Aux premiers la circulation sous les feuilles mortes, au ras des clôtures. Aux seconds les bosquets parfumés et les pelouses fraîches.
Si je veux interroger les rongeurs, j’ai intérêt à courir très vite !
Jusqu’où aller pour trouver Zorro ?
Est-ce que quelqu’un l’héberge, sans savoir qu’il appartient à une famille ?
Et… si Zorro est parti, c’est peut-être qu’il a trouvé mieux ailleurs ; une cantine succulente, un rab de caresses affectueuses, la possibilité de se faire les griffes n’importe où, en mode open bar.
Chaque affiche qui évoque un animal perdu me laisse perplexe ; et s’il avait fugué ? Et s’il avait pris le train avec sa petite valise pour aller retrouver son copain, le lapin des anciens voisins ?
C’est idiot, des idées pareilles. A la rigueur, c’est un discours qui se tient en fin de soirée, accoudé au zinc.
Pour finir, j’espère qu’on retrouvera Zorro, car c’est la première fois que des maîtres placardent une affiche pour dire que, 2 mois après, on le cherche toujours.
J’espère un jour lire devant le parc un « Merci, Zorro est revenu parmi nous ».
En attendant, je garde l’œil ouvert, au cas où. Et je me demande : comment faire pour l’attraper sans l’effrayer ? Et si je trouvais un chat noir qui n’est pas Zorro ?








