Pour Solal

Il y aura ce délicieux flottement, le corps enroulé autour du nombril. Regard opaque sous les paupières closes. Le patient accomplissement de la croissance, ce vampirisme tranquille, entrecoupé de soubresauts.
Il n’y aura pas de souvenirs cartographies dans la mémoire mais des odeurs répliquantes, des saveurs inexplicables, des émotions indéchiffrables, transmises, reprises, forgées au plus loin de ton histoire, précédant le néant de tes origines.
Un jour il y aura la verticalité. L’étonnement des pas inscrits sur le sable instable, la découverte de perspectives inconnues.
Et puis il y aura les sauterelles dans l’herbe, les arbres si hauts, trop hauts et tous les dangers, les vagues, les voitures, les couteaux.
C’est inévitable, tu auras le cœur enflammé, embrasé, le cœur dépité, ravagé et le cœur réconcilié dans le chaos grandiose et palpitant de ton humanité.
Peut-être qu’il y aura Dürer, Cezanne, Mondrian, Kiefer, quand tu marcheras à leurs côtés. Des jours passés à essayer de comprendre, des repentirs recouverts de jaune de Naples. Des instants minuscules et fulgurants quand tout s’accomplit dans les pigments et la térébenthine.
Il y aura la violence même de la vie. Les luttes et tous les morts qui nous font escorte dans la magie des nuits de tendresse
Mais tu verras, Petit, il y a aussi au fond de nous cette douceur, cette joie du partage, ces regards croisés, ces mains tendues, cette solidarité qui t’aideront à tracer ta route sans jamais renoncer.

Ce contenu a été publié dans Atelier Buissonnier. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire